Subissant depuis quelques années la “force de frappe” des grandes plateformes e-commerce et leurs tarifs toujours plus agressifs, les kiranas doivent désormais composer  avec les nouveaux usages du shopping de l’ère post-covid. 

Metro Cash & Carry, la branche indienne du distributeur BtoB allemand Metro, poursuit son programme de transformation numérique #SmartKirana dédié à ces échoppes traditionnelles généralistes bien souvent dénué de toute technologie. Avec son application mobile Digital Shop développée depuis 2019 avec la startup fintech ePayLater ou encore son terminal connecté, il compte bien faciliter le paiement sans contact, permettre une gestion plus fine de l’inventaire et ainsi sauver ce mode de distribution cher au cœur des indiens. 

L’Inde compte plus de 12 millions de petites échoppes généralistes, que l’on nomme les kiranas. Un modèle de distribution qui domine le marché de l’alimentation et de l’épicerie dans la plus grande démocratie du monde, alors que le retail moderne et le e-commerce représentent respectivement que 10 et 2% des boutiques. Ces points de vente présentent plusieurs spécificités : elles disposent d’un espace de vente limité au comptoir de la devanture, pas ou peu d’équipement technologiques, tandis que l’expérience client comme la gestion des stocks repose exclusivement sur l’intuition et l’expérience de leurs propriétaires commerçants. 

Avec l’application mobile née du partenariat noué en 2019 avec la startup fintech ePayLater, Métro propose aux propriétaires de kiranas un accès facilité au crédit pour financer leur transformation numérique ainsi que la numérisation du paiement et des données magasins. Cette digitalisation n’est pas sans conséquence sur la gestion des inventaires. Fonctionnant d’ordinaire avec un inventaire courant sur 6 à 8 semaines, les kiranas peuvent désormais disposer d’un inventaire journalier. Il devient désormais possible de suivre leur meilleurs clients, les articles best sellers et les moins performants pour ainsi gérer plus finement le merchandising et les stocks. 

Le programme #SmartKirana consiste aussi à aider les professionnels du commerce à reconfigurer leur point de vente en l’ouvrant au public. En permettant au client de déambuler dans les rayons, le retailer indépendant est à même d’accroître le trafic en magasin et faciliter les achats d’impulsion. Une telle rénovation permet selon les données du groupe de booster les ventes de 30%.

“Ce que nous essayons de faire, c’est d’organiser des prêts pour ces kiranas pour la rénovation, parce que cela peut coûter de 75 000 roupies à 2 lakh et les opérations de rénovation ne prennent que 48 heures”, a déclaré M. Mediratta à The Economic Times.

Arvind Mediratta, directeur général de METRO Cash & Carry India, a déclaré : “Les kiranas sont l’épine dorsale de l’histoire de la consommation en Inde et sont essentielles à la création d’emplois et de valeur pour l’économie. Grâce à l’application Digital Shop, nous voulons transformer les kiranas traditionnels en magasins omni-canaux. “.

A travers sa solution digitale, Métro a développé jusqu’ici un partenariat avec 2000 kiranas. Métro a fait le choix de concentrer ses efforts pour l’instant sur les trois villes historiques du projet, à savoir Delhi, Hyderabad et Bangalore. Une nouvelle qui s’inscrit dans le plan d’expansion de Métro qui prévoyait l’ouverture de 5 nouveaux points de vente et une accélération de son empreinte e-commerce dans le pays. L’enseigne Cash & Carry possède pour l’heure 27 points de ventes. 

Cette digitalisation des kiranas présente un fort potentiel de croissance, alors que le cabinet de consulting Redseer relève que 3 kiranas sur 4 ne disposent d’aucun accès à la technologie. Le secteur retail indien devrait croître de 1 trilliard de dollars à 1,3 trilliards de dollars d’ici 2025. Ce faisant, le retail non organisé devrait chuter de -84% à -77% dans les cinq prochaines années. De son côté, le commerce omnicanal (online, offline) devrait bondir de 16% à 22% sur la période. Dans cet environnement, les biens de grande consommation (FMCG) devraient continuer de générer 90% des ventes du secteur. Métro n’est d’ailleurs pas le seul à lorgner sur le commerce de proximité, Reliance Retail, entre autres, est aussi intéressé.